mardi 21 octobre 2008

Un coup à droite, un coup à gauche, le pingouin te croque



De l’Uruguay à la Patagonie il n’y a qu’un pas.

Qu’un passage express dans notre chère Buenos Aires, qu’une vingtaine d’heures de bus et qu’un sac à dos que l’on ne défait même pas.

Il y eut la visite de notre cher Emir, un concert de folie au Luna Park le Zénith de BsAs, d’immenses farandoles et de la transpiration des uns sur les bras des autres. Un peu jalouse des filles montées sur scène, mais on n’a pas peur, on le reverra bientôt. Trois fois par an en moyenne.

Il y eut un mail envoyé pour le recevoir sur les ondes radiophoniques, à la place une émission pro-serbe se fit entendre en direct du 93.9 FM.

Il y eut deux trois matés avec Sergio, Eli et Pablo, et tous ceux qui sont peu à peu mes amis mais dont je ne connais toujours pas le nom. De toute manière maintenant c’est trop tard. J’aime bien prendre mon bus et mon train, marcher la tête haute dans cette gare soit disant malfamée, où mes cheveux sont le parfait négatif de la couleur de leur peau. J’adore louper toutes ces photos de cimetière de train, d’enfants récoltant je ne sais quel carton et ce soleil, qui percent même à travers mes lunettes vertes. Entendre crier les vendeurs de prise électrique malgré Julio Voltio qui chantent dans mes oreilles. Et arriver dans cette maison grande ouverte, oublier qu’il y a un mois, un anglais s’est fait tué dans ces mêmes rues pour avoir refuser de coopérer lors de son racket, retrouver tous ces gens, être serrée plus ou moins fort dans leur bras selon le degré d’amitié. Avoir posé ses marques. Oublier le stress des premières émissions. Sourire toujours un peu à l’antenne, car on n’oublie pas la formation chez Teleperformance, TP un jour, TP toujours. Ne pas savoir si quelqu’un de vous va m’écouter, peu importe, il y aura toujours Ginette au Théron.

Et puis déjà « il faut » repartir. Les baleines ne vont pas nous attendre. Les 300 000 pingouins non plus, bientôt ils devront filer vers le Brésil, comme nous. Avoir l’illusion d’être les seuls parce qu'assis sur le pont du bateau de 70 places. T’as compris, on a toujours les meilleurs plans.




Le soleil nous brule, juste d’une bande entre le leggings et les converses, tu veux croquer mes jambes ? Des carambars bi-gout. Je veux bien changer mon chat pour un pingouin, même s’ils sont méchants et qu’ils ressemblent à des limaces. Pas pire que les éléphants de mer, de la vraie mayonnaise étalée sur ta peau de sable. Je pense à toi. À Florent Pagny. À toi aussi Momo, je parle aux baleines pour qu’elles chantent jusqu’en Inde. Je joue à Leila quand une se fait attaquer par quatre orques, j’ai beau chanter, elle s’en sortira pas. Alors je me réconforte avec celle qui saute.


Je me demande quel pingouin décide qu’il est l’heure de partir pour le Brésil. Je veux savoir pourquoi les orques sont méchants. Je me souviens de mon rêve d’océanologue, et puis j’oublie, en pensant à la folie de Buenos Aires. Faire une liste de choses à faire avant de partir m’angoisse. Ça passe vite. Ça passe doucement. Ça dépend. Il est l’heure de rentrer, 20h de bus où je pourrais me plonger dans les étoiles pour dormir. On nous fera manger de la purée maison, dans un motel digne de Lost Highway. Les grandes étendues désertiques de la Patagonie s’éloignent, au fil des heures. Les nuages sont magnifiques. Les plus beaux ? À voir.



Entre l’accouplement des baleines et les pingouins qui couvent, la Patagonie des nuages et le poisson frais au restaurant, un daiquiri au Margarita, notre amie Selva, j’ai eu mal au nez d’un trop plein d’air frais. T’y crois toi que j’ai été en Patagonie ?



Florence, Fanny, Pauline, François

Des reflets et des baleines, c'est presque la Norvège


Buenos Aires fait mauvaise figure.


Le Chili m’ouvre peut être ses bras pour ce finde, on en reparle après les pingouins.





Hop je regresse de la playa


jeudi 16 octobre 2008

Qué sé yo


Ne pas acheter un sac Puro en habitant Palermo Soho c’est comme ne pas aller au Macchu Picchu alors que t’es à Cuzco ou oublier de photographier la tour eiffel à Paris. Il parait. C’est ma copine qui me l’a dit. Et puis les vêtements font partie de ma liste des 6 choses que je préfère au monde, qu’est-ce tu veux on se refait pas.

Comme j’avais aussi furtivement placé le mot voyage il a fallu honorer cette liste tu comprends bien. Comme ça allait pas trop la semaine dernière j’ai fais d’une pierre deux coups (un tiens vaut mieux que deux tue-Laura) en nageant vers l’Uruguay. Préparer les voyages c’est pas trop notre fort (Montfort) alors forcément le jeudi soir il restait plus de place sur les bateaux. Mais quitte ou double on ira quand même, de toute manière obligée d’y aller, mon visa se périme demain. 9h vendredi matin, Puerto Madero. Oh il reste 4 petites places pour le bateau de 9h15. Escortées par des stewards de l’eau on gruge toutes les files de prévention, immigration et autre queue impensable d’aéroportuaire. En 10 minutes nous étions sur le bateau. Trop de chance peut être. Colonia c’est mignon comme tout. Des lampadaires, des scooters, des lampadaires et des vieilles dames qui veulent te vendre de la confiture. Des motocyclettes aussi. Un petit troquet au bord de l’eau, un vendeur qui nous offre des fleurs en fer et des lampadaires.



Le soleil nous réconforte, la perspective du week-end aussi. Cabo Polonio village de pêcheur sans électricité ni eau courante ça nous faisait rêver ! Oui Buenos Aires trop grande, trop bruyante, on voulait un retour aux sources. Tu parles. Le destin a pas été d‘accord. Nos hôtes, des vendeurs de rue, nous ont fait un sale coup les bougres, mais ils ont cuisiné des dizaines (?) de pizza à la parilla. On était pas à Montevideo, non non, plutôt à Parque del Plata, ça ressemble à un camping des landes avec des hippies, un chien et une petite fille de 3 ans. La « maison » pue le fromage de chèvre et heureusement on a réussi à négocier le lit double pour dormir à 3. Julie t’iras par terre. On met le réveil, demain matin il faut se lever pour attendre toute la journée la voiture censée nous amener à Cabo Polonio, paradis terrestre tu te souviens. C’est pas grave c’est marrant Parque del Plata. Ya un supermarché, des toilettes à vendre, une autoroute, la plage, la mer, tellement cool qu’un film y a été tourné. Oui oui trop hyyyype Parque del Plata (« trop hype de répéter les lettres, surtout le Y ») Mais le copain il est jamais venu. Ah oui ? Ba attend Marcelo Pizza on se casse et pour la peine je te dis même pas aurevoir.

Bus retour vers Montevideo. Le ciel se voile, on est pas énervé. Presque. Tres cruces c’est la gare routière, comme une impression de déjà vu. Ça fait que un jour qu’on est parti ? Waw le temps passe moins vite quand tu fais des pizzas à Parque del Plata. Et puis Cris vient nous chercher. Pas tout à fait le même genre. Son épouse est partie ce matin en Pologne. Il est triste. Son but c’est d’apporter la felicidad en Uruguay, parce que lui il vient de Caracas et parce que l’Uruguay c’est un pays déprimé, 3 millions d’habitants dont 70% de vieux et 10 millions de vache. L’Uruguay a pas trop d’identité et prostitue son centre historique pour des tournages de films hollywoodiens. On a vite compris, Montevideo ça pourrait être joli, en été avec du soleil et si tu connais quelqu’un plutôt génial. Il nous aurait juste fallu que le brouillard s’éloigne. Sociologiquement parlant (genre) Cris c’est un gros bobo, ses amis surtout. On nous offre un repas vénézuélien dans un appartement magnifique tenu par un couple étudiant lettres et philosophie. Tu sais le genre de rêve haussmanien, des livres et des photos de tes voyages au mur. Bref Cris il a bien sauvé notre voyage. Montevideo par contre c’est plutôt moche et sans grand intérêt. On est trop mal (bien?) habitué à la folie portena, je crois, c'est sur. Une ville comme Montevideo ? t'en a des dizaines en France. Tu crois que j'ai envie de revenir ?

Si le dimanche midi nous avons fait le marché pour manger tous en famille, le lundi c’était moins marrant. Enfin si finalement. La rue piétonne on la connait plutôt bien, les différents cafés aussi, ne parlons pas des différentes bouiboui, pas des vêtements non, ville de vieux oblige, mais de tout et n'importe quoi. Mes souvenirs d’Uruguay ? Un miroir de poche made in China et des gros feutres pour dessiner. Montevideo ça serait pas une ex-ville cachée du soviétisme par hasard ? Ah c’est sans doute la tempête qui arrive qui donne cette impression. Et si on allait dans une agence de voyage pour trouver des catalogues ? « Bonjour, on aimerait savoir ce qu’il y a de bien à faire en Amérique Latine ». Sinon on peut demander à l’office du tourisme, « alors on a fait le tour et en fait c’est moche ». Y’avait Sonja la colloc allemande, elle est pas perchée. Ou à peine.
« - Uy que linda !
- Si esta bien »

Mais tu me croiras ou pas, l’Uruguay j’ai adoré, tellement que je vais y retourner. Cris il travaille dans une agence de tourisme alors forcément le dimanche soir au Tranquille bar on a planifié nos voyages. L’Uruguay m’a réconciliée avec le Brésil, de Cuzco on prendra un bus, un train, un truc quoi, pour descendre vers le Brésil. C’est pas fou non, il est d’accord Cris.

Du coup demain je roule vers Puerto Madryn, les voyages forment ma jeunesse, oui oui.

Et si on a plus d’argent, on en rachètera.


Par faute d'internet défaillant les photos ne passent pas. Pas encore.