vendredi 19 septembre 2008
The way we live
lundi 15 septembre 2008
Rosario Tijeras
Les vendredis, ou les samedis et les dimanches, souvent ça sert à rien, comme certaines. Tout le Firulete se retrouve à faire la queue en fin d’aprem pour aller à la douche. C’est bizarre, un peu et puis, oh tiens le soleil se couche déjà. Alors on s’enfuit à Rosario. De toute manière si on y va pas ce week end on ira jamais. Qui veut venir avec nous ? Personne ? Spa grave tsé on se trouvera des amis dans le bus.
20h colectivo 152. « Mais quoiqu’il arrive on va passer un bon week end ! »
20h30 Retiro. Prise de conscience.
21h Mercobus. Des fois faut écouter la locura, et si on a nulle part où dormir on téléphonera à Pamela.
On se la joue J’irai dormir chez vous version je mangerais chez vous et tu me feras visiter la ville.
C’était pas dingue comme week end, c’était en famille. Je savais pas que j’avais une tante professeur d’art qui exposait au rectorat de Rosario et que mes cousins étaient un peu attardés. Mais je savais pas non plus que la milanaise faite maison, ça pouvait être bon. D’habitude je suis du genre à marcher et prendre le bus, déjà que j’ai peur de mourir à cause des autres conducteurs j’ai eu un peu peur de me faire trimballer pendant deux jours en camionnette personnelle, mais c’était plutôt magnifique la traversée de la costanera. J’ai un peu envie de m’arrêter glander sur le sable, limite : me baigner ! Mais il faut aller préparer le repas. Hop là on met la table dehors ou dedans ? Oui dehors bien sur il fait tellement beau ! As-tu vu mes bonzaïs ? Tiens il faut que j’arrose. Les filles françaises elles doivent bien prendre un peu de vin.
Alors oui on a inlassablement répété les mêmes choses, parce qu’ils étaient jetlag un peu nos hôtes. Le nombre d’habitants de Toulouse, Lyon et Marseille. Les cours à l’université et l’emplacement de notre appartement. Si on faisait à manger et à quelle heure était le cours demain. Blablabla. Je suis pas patiente comme fille alors forcément ça m'agace un peu de répéter toujours plus fort, toujours plus mal mes mots avec trop de R imprononçables. Mais moi des gens qui nous attendent chez eux à 2h du matin avec un maté cocinado j’adore. Et puis le lendemain tati Marta nous fait une visite guidée des musées de la ville.
C’est sur qu’on a pas été trop seules, voire pas du tout, mais on se sent en famille. Du coup des photos j'en ai pas trop prises, et des bêtises pas trop dites. On s'attelait plutot à faire les ignorantes. Mais aussi, ça leur fait tellement plaisir de baragouiner quatre mots en français et de nous expliquer le fonctionnement du maté que bon... On veut bien être les "petites filles françaises" (ainsi dans le texte original) qui t'écoute tonton mais on veut pas se marier avec ton fils non. En parlant de lui il est plutot cool le Fabricio. Acteur de métier tenant une boutique de produits bio en passe temps, il nous emmène au festival de vidéos. Après ya une soirée mais on a trop la flemme. Tati et tonton nous attendent. Et puis après le repas du dimanche on va à la féria, Fabricio nous accompagne mais moi jpréfère ses parents. Les vieux, ça y est, j’adore. « Vous êtes tranquilles vous ». Mais t’as tout compris kiki ! Nous on est de vraies portenas qui viennent reposer leur week-end au soleil du fleuve Parana. Enfin, dans ton jardin quoi.
Ben ouai Rosario c’est joli, c’est chaud, c’est fleuri aussi, de magnifiques fleurs roses et des avocats qui font du coton, mais ça reste relativement "petit". Moi tu me donnes Buenos Aires je m’y perds encore. Et au final j’adore ça. C’est quand j’ai compris le chemin du centre à la maison que j’ai réalisé ça. L’habitude du chemin ça m’angoisse un peu. Je veux une ville tellement grande que je puisse dire avoir la flemme d’aller à l’autre bout. Je veux ne rien comprendre aux bus, même pas aux avenues principales. Je veux plusieurs quartiers, avoir l’insolence de répéter haut et fort que je préfère Palermo, sans en avoir fait le tour et sans jamais être allée le comparer à tous les autres. Je veux une ville, une vraie, pas quelque chose de reposant. Pour ça ya les week-ends. Oh Buenos Aires me fatigue un peu, la pollution, les longs trajets, le bruit, bref t’as compris quoi, mais à coté de ça Buenos Aires. Capitale.
mardi 9 septembre 2008
Red e azul
J'ai jamais su si j'aimais le quotidien ou pas. C'est culpabilisant de ne pas sortir un samedi soir ou de rester enfermer le dimanche. Mais Buenos Aires pleure. T'y croyais toi aussi que le printemps était arrivé ? A croire que ta pipe te joue des tours.
Il y a ces moments de lucidité heureuse, dans un bus parcourant les calles Gascon et Araoz. Une iglesia nueva apostolica, un squat aux yeux exorbités qui me regardent et cette petite maison scandinave en bois noir dont l'alcove me fait envie, un peu de Suede dans mon quotidien. Et puis le retour a la maison, retrouver ces collocs devenus les meilleurs amis de chaque repas, folie et voyage, détester au plus haut point ce moment de glande entre 20h et 22h, un non-moment. Que faire ? Il fait trop nuit pour se promener seule et déjà les multiples projets du soir me fatiguent. De toute manière on est malasuerte, se retrouver abandonnés dans un des plus jolis bars de la ville où mixe un dj de dub, moi je trouve pas ça normal. Ils sont où les gens ?
En parlant de ça je cultive mon amitié avec les vieux, entendez par là les rencontres les plus intéressantes. Après le papi a odeur du Theron dans le parc del Palmar c'est Mario qui m'invite a faire de la radio. En plus on pourra faire croire a Naima que ça faisait partie de mon stage. J'embarque mes copines et on se retrouve la vie en rouge dans un studio de radio, du vin de Carcassonne (tu parles charles) et mes interventions au micro. T'as cru que les argentins étaient un peuple amoureux ? Infidèles oui !
Et on repart des billets de théâtre sous le bras. Du tango plutôt, car on s'en lasse jamais en fait et que Buenos Aires nous mentait pas non plus. Buenos Aires me fait aimer les cuivres t'y crois toi ? Et puis un soir on file de la laine dans un bus pour La Plata. Parce que le voisin Raul, notre Olivier Sublard du coin, a encore voulu cuisiner on s'est retrouvé a courir en petite robe sur la vide nocturne plaza de Mayo. Tu crois que j'ai deja aimé courir comme ça dans ma vie ? Mais c'était sans compter l'usage des horaires en Argentine. Alors on attend en mettant des cacahuetes dans nos cervezas, c'est comme ça qu'on fait ici. Et puis 1h de route avec vin gratuit pour danser sur de la musique balkanique, Fiesta Bubamara, c'est plutôt fou. Et si le tango n'est pas trop mal ici, ils ont pas tout compris a Taraf de Haidouk. Mais on leur en veut pas finalement, imagine si l'inverse se produisait ? Moi ça me fait peur. Un peu comme le retour a 8h pour Buenos Aires. En fait je m'en souviens plus, juste le levé du soleil et le froid du noir sous nos yeux, s'endormir dans le subte et se coucher a 10h. C'est ça Buenos Aires et on va pas s'en plaindre.
Mon usage de Buenos Aires c'est surtout le firulete. Et le Firulete c'est une maison hantée, des fantômes que l'on prend en photo, même si je sais que tous les sceptiques peureux ne vont pas me croire, c'est des touristes qui téléphonent pour avoir une chambre et la sonnette qui timbre a 2h du matin. On en oublie la prudence, alors on change les clés, les matelas aussi. Le quotidien au Firulete c'est le haiki de Pamela, les gateaux de Fanny, cramés ou verts, c'est le rire de sitcom de Sonja et la gueule de bois de Francis. C'est des chaussures qui disparaissent et Impératrice la femme de ménage qui devient notre copine, c'est tous les soirs un repas de Raul et entendre de loin les expérimentations électroniques de Robin. C'est les longues discutions en fin de repas et le choc des cultures. Tu savais toi que les anglais ne connaissaient pas la gamme musicale ? C'est apprendre le mexicain plus que la cuisine parce que de toute manière c'est toujours Raul qui cuisine. ¿Te la bañaste? C'est obscène ? Non c'est le Mexique ! C'est se retrouver tous dans notre chambre parce que ya des matelas partout et que tous nous la jalousent, ils ont pas compris qu'elle avait pas de fenêtre tsé. C'est se battre pour avoir la dernière feuille de PQ et ne pas aller se doucher dans la salle de bain sans lumière. C'est mourir de froid dans le couloir car c'est encore l'hiver au cas ou j'aurais oublié de vous le préciser. C'est profiter du salon francais sans trop savoir quoi y faire. C'est instaurer des jours a thèmes et puis les oublier. C'est inventer un nouveau langage, la semaine Multidíal et le frañol. C'est avoir une colloc de 35 ans qui en parait 22. C'est avoir peut être la seule américaine qui n'a pas les mêmes gênes que toutes les poufs que l'on croise à l'UCA. Mais surtout rions trois fois par saccades de deux. C'est Nancy aussi qui a des coiffures de botch.
Firulete style
Raul cuisinier de la maison
Je vous ai parlé de mes cheveux ?
On va faire court, comme un seul de mes deux cotés.
Voila tout est dit.
La tragédienne que je suis s'en est remise mais depuis ya des gens bizarres qui veulent me prendre en photo.
Et puis on écoute de loin les histoires horribles arrivant à nos compagnons d'infortune (pourtant pas mal fortunés. Et je ne parlais pas d'Alice), rackets et autres vol à main armé en pleine journée. Ouai ouai on s'en rend pas bien compte quand la seule histoire un peu méchante qui t'arrive c'est de t'engueuler avec le chauffeur de bus car tu viens de bloquer le distributeur de ticket. Aussi ils ont qu'à avoir des billets normaux comme tout le monde. Buenos Aires c'est ça aussi, devoir acheter une brosse à dent dans un bouiboui aux lumières ultrajetlag pour avoir un peu de monnaie pour ton bus.
Rions trois fois si et seulement si par saccades de deux.
Qu'on se le dise, je ne fais pas de radio ! Je travaille dans une association de radios, c'est pas pareil. Oui il y a le mot radio dans les deux mais j'aurais pu dire que j'étais radiologue aussi que vous auriez cru que je parlais dans un micro ?
Breloques du marché de San Telmo
Enfin pour vous embrouiller un peu plus, j'ai rendez-vous dans une radio pour voir ce que je peux faire avec eux, participer à une émission qui sait quizas quissac jean de. Enfin encore faudrait-il que j'arrive à cette charmante bourgade de banlieue nommée Castelar et pour ça il faut que les jeunes arrêtent de brûler le train qui m'y amène...mais oui ça brûle partout mes amis ! Le soleil à Iguazu par exemple.