mardi 21 octobre 2008

Un coup à droite, un coup à gauche, le pingouin te croque



De l’Uruguay à la Patagonie il n’y a qu’un pas.

Qu’un passage express dans notre chère Buenos Aires, qu’une vingtaine d’heures de bus et qu’un sac à dos que l’on ne défait même pas.

Il y eut la visite de notre cher Emir, un concert de folie au Luna Park le Zénith de BsAs, d’immenses farandoles et de la transpiration des uns sur les bras des autres. Un peu jalouse des filles montées sur scène, mais on n’a pas peur, on le reverra bientôt. Trois fois par an en moyenne.

Il y eut un mail envoyé pour le recevoir sur les ondes radiophoniques, à la place une émission pro-serbe se fit entendre en direct du 93.9 FM.

Il y eut deux trois matés avec Sergio, Eli et Pablo, et tous ceux qui sont peu à peu mes amis mais dont je ne connais toujours pas le nom. De toute manière maintenant c’est trop tard. J’aime bien prendre mon bus et mon train, marcher la tête haute dans cette gare soit disant malfamée, où mes cheveux sont le parfait négatif de la couleur de leur peau. J’adore louper toutes ces photos de cimetière de train, d’enfants récoltant je ne sais quel carton et ce soleil, qui percent même à travers mes lunettes vertes. Entendre crier les vendeurs de prise électrique malgré Julio Voltio qui chantent dans mes oreilles. Et arriver dans cette maison grande ouverte, oublier qu’il y a un mois, un anglais s’est fait tué dans ces mêmes rues pour avoir refuser de coopérer lors de son racket, retrouver tous ces gens, être serrée plus ou moins fort dans leur bras selon le degré d’amitié. Avoir posé ses marques. Oublier le stress des premières émissions. Sourire toujours un peu à l’antenne, car on n’oublie pas la formation chez Teleperformance, TP un jour, TP toujours. Ne pas savoir si quelqu’un de vous va m’écouter, peu importe, il y aura toujours Ginette au Théron.

Et puis déjà « il faut » repartir. Les baleines ne vont pas nous attendre. Les 300 000 pingouins non plus, bientôt ils devront filer vers le Brésil, comme nous. Avoir l’illusion d’être les seuls parce qu'assis sur le pont du bateau de 70 places. T’as compris, on a toujours les meilleurs plans.




Le soleil nous brule, juste d’une bande entre le leggings et les converses, tu veux croquer mes jambes ? Des carambars bi-gout. Je veux bien changer mon chat pour un pingouin, même s’ils sont méchants et qu’ils ressemblent à des limaces. Pas pire que les éléphants de mer, de la vraie mayonnaise étalée sur ta peau de sable. Je pense à toi. À Florent Pagny. À toi aussi Momo, je parle aux baleines pour qu’elles chantent jusqu’en Inde. Je joue à Leila quand une se fait attaquer par quatre orques, j’ai beau chanter, elle s’en sortira pas. Alors je me réconforte avec celle qui saute.


Je me demande quel pingouin décide qu’il est l’heure de partir pour le Brésil. Je veux savoir pourquoi les orques sont méchants. Je me souviens de mon rêve d’océanologue, et puis j’oublie, en pensant à la folie de Buenos Aires. Faire une liste de choses à faire avant de partir m’angoisse. Ça passe vite. Ça passe doucement. Ça dépend. Il est l’heure de rentrer, 20h de bus où je pourrais me plonger dans les étoiles pour dormir. On nous fera manger de la purée maison, dans un motel digne de Lost Highway. Les grandes étendues désertiques de la Patagonie s’éloignent, au fil des heures. Les nuages sont magnifiques. Les plus beaux ? À voir.



Entre l’accouplement des baleines et les pingouins qui couvent, la Patagonie des nuages et le poisson frais au restaurant, un daiquiri au Margarita, notre amie Selva, j’ai eu mal au nez d’un trop plein d’air frais. T’y crois toi que j’ai été en Patagonie ?



Florence, Fanny, Pauline, François

Des reflets et des baleines, c'est presque la Norvège


Buenos Aires fait mauvaise figure.


Le Chili m’ouvre peut être ses bras pour ce finde, on en reparle après les pingouins.





Hop je regresse de la playa


jeudi 16 octobre 2008

Qué sé yo


Ne pas acheter un sac Puro en habitant Palermo Soho c’est comme ne pas aller au Macchu Picchu alors que t’es à Cuzco ou oublier de photographier la tour eiffel à Paris. Il parait. C’est ma copine qui me l’a dit. Et puis les vêtements font partie de ma liste des 6 choses que je préfère au monde, qu’est-ce tu veux on se refait pas.

Comme j’avais aussi furtivement placé le mot voyage il a fallu honorer cette liste tu comprends bien. Comme ça allait pas trop la semaine dernière j’ai fais d’une pierre deux coups (un tiens vaut mieux que deux tue-Laura) en nageant vers l’Uruguay. Préparer les voyages c’est pas trop notre fort (Montfort) alors forcément le jeudi soir il restait plus de place sur les bateaux. Mais quitte ou double on ira quand même, de toute manière obligée d’y aller, mon visa se périme demain. 9h vendredi matin, Puerto Madero. Oh il reste 4 petites places pour le bateau de 9h15. Escortées par des stewards de l’eau on gruge toutes les files de prévention, immigration et autre queue impensable d’aéroportuaire. En 10 minutes nous étions sur le bateau. Trop de chance peut être. Colonia c’est mignon comme tout. Des lampadaires, des scooters, des lampadaires et des vieilles dames qui veulent te vendre de la confiture. Des motocyclettes aussi. Un petit troquet au bord de l’eau, un vendeur qui nous offre des fleurs en fer et des lampadaires.



Le soleil nous réconforte, la perspective du week-end aussi. Cabo Polonio village de pêcheur sans électricité ni eau courante ça nous faisait rêver ! Oui Buenos Aires trop grande, trop bruyante, on voulait un retour aux sources. Tu parles. Le destin a pas été d‘accord. Nos hôtes, des vendeurs de rue, nous ont fait un sale coup les bougres, mais ils ont cuisiné des dizaines (?) de pizza à la parilla. On était pas à Montevideo, non non, plutôt à Parque del Plata, ça ressemble à un camping des landes avec des hippies, un chien et une petite fille de 3 ans. La « maison » pue le fromage de chèvre et heureusement on a réussi à négocier le lit double pour dormir à 3. Julie t’iras par terre. On met le réveil, demain matin il faut se lever pour attendre toute la journée la voiture censée nous amener à Cabo Polonio, paradis terrestre tu te souviens. C’est pas grave c’est marrant Parque del Plata. Ya un supermarché, des toilettes à vendre, une autoroute, la plage, la mer, tellement cool qu’un film y a été tourné. Oui oui trop hyyyype Parque del Plata (« trop hype de répéter les lettres, surtout le Y ») Mais le copain il est jamais venu. Ah oui ? Ba attend Marcelo Pizza on se casse et pour la peine je te dis même pas aurevoir.

Bus retour vers Montevideo. Le ciel se voile, on est pas énervé. Presque. Tres cruces c’est la gare routière, comme une impression de déjà vu. Ça fait que un jour qu’on est parti ? Waw le temps passe moins vite quand tu fais des pizzas à Parque del Plata. Et puis Cris vient nous chercher. Pas tout à fait le même genre. Son épouse est partie ce matin en Pologne. Il est triste. Son but c’est d’apporter la felicidad en Uruguay, parce que lui il vient de Caracas et parce que l’Uruguay c’est un pays déprimé, 3 millions d’habitants dont 70% de vieux et 10 millions de vache. L’Uruguay a pas trop d’identité et prostitue son centre historique pour des tournages de films hollywoodiens. On a vite compris, Montevideo ça pourrait être joli, en été avec du soleil et si tu connais quelqu’un plutôt génial. Il nous aurait juste fallu que le brouillard s’éloigne. Sociologiquement parlant (genre) Cris c’est un gros bobo, ses amis surtout. On nous offre un repas vénézuélien dans un appartement magnifique tenu par un couple étudiant lettres et philosophie. Tu sais le genre de rêve haussmanien, des livres et des photos de tes voyages au mur. Bref Cris il a bien sauvé notre voyage. Montevideo par contre c’est plutôt moche et sans grand intérêt. On est trop mal (bien?) habitué à la folie portena, je crois, c'est sur. Une ville comme Montevideo ? t'en a des dizaines en France. Tu crois que j'ai envie de revenir ?

Si le dimanche midi nous avons fait le marché pour manger tous en famille, le lundi c’était moins marrant. Enfin si finalement. La rue piétonne on la connait plutôt bien, les différents cafés aussi, ne parlons pas des différentes bouiboui, pas des vêtements non, ville de vieux oblige, mais de tout et n'importe quoi. Mes souvenirs d’Uruguay ? Un miroir de poche made in China et des gros feutres pour dessiner. Montevideo ça serait pas une ex-ville cachée du soviétisme par hasard ? Ah c’est sans doute la tempête qui arrive qui donne cette impression. Et si on allait dans une agence de voyage pour trouver des catalogues ? « Bonjour, on aimerait savoir ce qu’il y a de bien à faire en Amérique Latine ». Sinon on peut demander à l’office du tourisme, « alors on a fait le tour et en fait c’est moche ». Y’avait Sonja la colloc allemande, elle est pas perchée. Ou à peine.
« - Uy que linda !
- Si esta bien »

Mais tu me croiras ou pas, l’Uruguay j’ai adoré, tellement que je vais y retourner. Cris il travaille dans une agence de tourisme alors forcément le dimanche soir au Tranquille bar on a planifié nos voyages. L’Uruguay m’a réconciliée avec le Brésil, de Cuzco on prendra un bus, un train, un truc quoi, pour descendre vers le Brésil. C’est pas fou non, il est d’accord Cris.

Du coup demain je roule vers Puerto Madryn, les voyages forment ma jeunesse, oui oui.

Et si on a plus d’argent, on en rachètera.


Par faute d'internet défaillant les photos ne passent pas. Pas encore.

vendredi 19 septembre 2008

The way we live

Mais Palermo quoi












Je sais pas si je préfère la sortie du travail pour héler le bus 36 en admirant le coucher du soleil sur la bruyante avenue Corrientes ou si je préfère voir ses rayons percés à travers les arbres de Palermo. Si je préfère le réveil pour parler à la Suède ou 20h geektime dans la cuisine. Peut être que le jeudi on va toujours à Niceto mais c’est pour faire la bise aux djs de Zizek, pas pour le club 69, moi les travestis ça me fait peur. Je sais pas si je préfère la cuisine colombienne de Raul ou les empanadas argentins mais en tout cas j’adore les Daiquiris, à la pêche ou à la fraise. J’en ai marre de mettre des collants mais dans deux jours c’est le printemps et tout le monde croit que parce qu’on l’appelle il va venir. Je sais pas non plus si j’aurais le temps de voir tous les musées de la ville mais j’adore hurler nos nationalités aux voisins de l’immeuble d’en face, ça donne envie d’acheter une carte du monde et de mettre des petites piques. Je sais pas si je préfère faire 1h30 de train vers la banlieue en comprenant la cumbia que j’écoute ou si je préfère parler de saint germain des près en culotte courte avec Fanny. J’aime pas trop ranger ma chambre. J’aime pas trop le maté sauf si on est dans un parc ou à la radio de Castelar. J’aime pas trop quand on me pose des questions sur les directives européennes en direct. Je pleure. Presque. J’aime bien dire que j’ai 19 ans et que ma mère pleure parce que je suis loin. Allez pas croire qu’on pleure si facilement dans la famille pour autant. J’aime bien cracher sur la France à la radio, encore plus sur les français. J’aime bien mentir aussi, parce que c’est plus facile. J'aime bien faire la potiche en buvant du thé lors d'une interview avec les djs de Zizek. Les gens ils me font pas peur et ça, ça me fait peur. Il parait que tout le monde se fait agresser, tkt mobylette je touche du bois vert. Je m’habille sagement pour aller à Castelar, on me l’a dit et redit et si je vois un train qui brule, c’est pas un effet spécial, il faut que je coure. J’aime bien être assise dans le train, j’aime moins quand ya une vieille qui arrive et que je dois lui laisser ma place. J’aime bien quitter la gare, ça ressemble à Matabiau, je penche la tête pour me la mettre dans les étoiles mais je nous vois pas, ya des filles qui servent à rien qui m’embêtent. Elle me choque la gamine avec son bébé qui porte un badge Avortement Légal. Tu crois qu’elle l’aime pas ? J’adore rentrer de voyage en colectivo supercama et me sentir chez moi. On s’arrête toujours dans cette gare dont personne ne connait le lieu et on passe toujours devant le complexe de cinéma qui me fait peur et puis quand t’arrives à Retiro tu passes dans ces quartiers qui te sont interdits. C’est dommage ils avaient l’air sympa quand même. Voilà tu sors de la gare, à droite t’as le tiers-monde, à gauche t’as pas le droit d’y aller non plus. Mais moi les gens ils me font pas peur. J’aime bien rencontrer des gens qui connaissent ma maison tellement elle est fun. J’aime bien quand on mange tous ensemble au travail, j’aime moins quand je passe pour une fille timide. J’adore faire de la radio, c’est fou. Qui l’eut cru ? Quand mes collocs tombent amoureux jsuis plutôt ultra excitée et quand on fait des resto debriefing ça me rappelle un peu Toulouse. Ma passion c’est voir le cours du peso. Je crie fort quand il remonte (ou qu’il redescend je sais pas trop le sens) et on court retirer des sous. J’aime bien essayer des bottes violettes mais t’as vu j’arrive pas à les acheter, jpréfère les pony même si jserais trop out à Londres ici c’est trop la classe, surtout qu’elles sont rouge et bleu. J’aime bien mes collègues à la radio ils contredisent le paradigme selon lequel les gens de la radio sont moches. On fait pas mal les cakes et quand je parle, en direct, ils sont là à me regarder un grand sourire prêt à m’aider. Ils veulent tous m’avoir dans leur émission. Moi j’ai choisis celle où on interview la chanteuse de Nouvelle Vague ou celle de la Kinky Beat en direct. Je vais téléphoner à Rachid Taha aussi, c’était son anniversaire hier. Joyeux anniversaire Rachid. J'adore Palermo. J’aime bien y jouer à la photographe de magazine français, jpeux prendre en photo toutes les fringues de que je pourrais jamais me payer. J’aime moins quand on me demande l’adresse du journal mais ça va, je mens plutôt pas mal. J’aime bien les gens, tout le monde est gentil. Je suis pas naïve, non non, juste buena onda.

20h : firulete geektime






lundi 15 septembre 2008

Rosario Tijeras

L'Argentine se résume à deux vieux au milieu d'une route, des cartoneros à cheval et un chien en costume blanc. C'est tout ou rien.


Aujourd’hui c’est vendredi, hier soir on a dansé toute la nuit. Buenos Aires me Zizek. Niceto Club. T’inquiète on gère pas mal les listes d’invités et les gorilles à l’entrée. Je dirais pas habitués car ça me ferait peur, mais presque.

Les vendredis, ou les samedis et les dimanches, souvent ça sert à rien, comme certaines. Tout le Firulete se retrouve à faire la queue en fin d’aprem pour aller à la douche. C’est bizarre, un peu et puis, oh tiens le soleil se couche déjà. Alors on s’enfuit à Rosario. De toute manière si on y va pas ce week end on ira jamais. Qui veut venir avec nous ? Personne ? Spa grave tsé on se trouvera des amis dans le bus.

20h colectivo 152. « Mais quoiqu’il arrive on va passer un bon week end ! »
20h30 Retiro. Prise de conscience.
21h Mercobus. Des fois faut écouter la locura, et si on a nulle part où dormir on téléphonera à Pamela.


On se la joue J’irai dormir chez vous version je mangerais chez vous et tu me feras visiter la ville.
C’était pas dingue comme week end, c’était en famille. Je savais pas que j’avais une tante professeur d’art qui exposait au rectorat de Rosario et que mes cousins étaient un peu attardés. Mais je savais pas non plus que la milanaise faite maison, ça pouvait être bon. D’habitude je suis du genre à marcher et prendre le bus, déjà que j’ai peur de mourir à cause des autres conducteurs j’ai eu un peu peur de me faire trimballer pendant deux jours en camionnette personnelle, mais c’était plutôt magnifique la traversée de la costanera. J’ai un peu envie de m’arrêter glander sur le sable, limite : me baigner ! Mais il faut aller préparer le repas. Hop là on met la table dehors ou dedans ? Oui dehors bien sur il fait tellement beau ! As-tu vu mes bonzaïs ? Tiens il faut que j’arrose. Les filles françaises elles doivent bien prendre un peu de vin.

La collection de bonzais de tonton

La costanera


Alors oui on a inlassablement répété les mêmes choses, parce qu’ils étaient jetlag un peu nos hôtes. Le nombre d’habitants de Toulouse, Lyon et Marseille. Les cours à l’université et l’emplacement de notre appartement. Si on faisait à manger et à quelle heure était le cours demain. Blablabla. Je suis pas patiente comme fille alors forcément ça m'agace un peu de répéter toujours plus fort, toujours plus mal mes mots avec trop de R imprononçables. Mais moi des gens qui nous attendent chez eux à 2h du matin avec un maté cocinado j’adore. Et puis le lendemain tati Marta nous fait une visite guidée des musées de la ville.


Le musée d'art contemporain, si si

C’est sur qu’on a pas été trop seules, voire pas du tout, mais on se sent en famille. Du coup des photos j'en ai pas trop prises, et des bêtises pas trop dites. On s'attelait plutot à faire les ignorantes. Mais aussi, ça leur fait tellement plaisir de baragouiner quatre mots en français et de nous expliquer le fonctionnement du maté que bon... On veut bien être les "petites filles françaises" (ainsi dans le texte original) qui t'écoute tonton mais on veut pas se marier avec ton fils non. En parlant de lui il est plutot cool le Fabricio. Acteur de métier tenant une boutique de produits bio en passe temps, il nous emmène au festival de vidéos. Après ya une soirée mais on a trop la flemme. Tati et tonton nous attendent. Et puis après le repas du dimanche on va à la féria, Fabricio nous accompagne mais moi jpréfère ses parents. Les vieux, ça y est, j’adore. « Vous êtes tranquilles vous ». Mais t’as tout compris kiki ! Nous on est de vraies portenas qui viennent reposer leur week-end au soleil du fleuve Parana. Enfin, dans ton jardin quoi.


Pépouze






Ben ouai Rosario c’est joli, c’est chaud, c’est fleuri aussi, de magnifiques fleurs roses et des avocats qui font du coton, mais ça reste relativement "petit". Moi tu me donnes Buenos Aires je m’y perds encore. Et au final j’adore ça. C’est quand j’ai compris le chemin du centre à la maison que j’ai réalisé ça. L’habitude du chemin ça m’angoisse un peu. Je veux une ville tellement grande que je puisse dire avoir la flemme d’aller à l’autre bout. Je veux ne rien comprendre aux bus, même pas aux avenues principales. Je veux plusieurs quartiers, avoir l’insolence de répéter haut et fort que je préfère Palermo, sans en avoir fait le tour et sans jamais être allée le comparer à tous les autres. Je veux une ville, une vraie, pas quelque chose de reposant. Pour ça ya les week-ends. Oh Buenos Aires me fatigue un peu, la pollution, les longs trajets, le bruit, bref t’as compris quoi, mais à coté de ça Buenos Aires. Capitale.




mardi 9 septembre 2008

Red e azul

On s'est pas disputé pour un gratin mais ça a failli. Heureusement l'aubergine nous réconcilie toujours. Et si je couine la nuit, j'ai l'obligeance de le faire en espagnol, elle, elle ronfle toujours pareil quelque soit le pays. Le quotidien avec Fafa c'est pas très dur t'as vu. La on conjugue le verbe vomir car le yaourt était pas bon. Je vomis, tu vomis, on vomit. Et on rigole. Notre chambre commune ressemble à un mezcla de nos deux toulousaines, c'est dur de marcher autre part que sur des vêtements quoi. Et puis comme on a les mêmes habits tout se mélange, tout passe au pressing, un peu comme la mélasse. Il a fallu redécorer les murs qui avaient subis une inondation due au passage du karcher dans la cuisine par notre colloc un dimanche matin de pleine lune; alors on a collé 4 fois la même affiche à côté, on est trop des artistes, et aussi un dépliant de photos de Paris, Les coquelicots de Monet et Le printemps de Botticceli que je déteste. Enfin tu vois l'avoir au dessus de mon lit ça m'enchante pas des masses, pas plus que la mélasse. Bon aujourd'hui c'est jour de manualidades alors fanny fait un collage et moi j'ai pris mes chats en photo. Le chat qui tombe, la queu leu leu de chats, le chat qui veut pas être net, le chat avec son copain le chat, le chat rouge sur fond bleu. Oui red e azul jsuis fan, n'en déplaise à spiderman.

J'ai jamais su si j'aimais le quotidien ou pas. C'est culpabilisant de ne pas sortir un samedi soir ou de rester enfermer le dimanche. Mais Buenos Aires pleure. T'y croyais toi aussi que le printemps était arrivé ? A croire que ta pipe te joue des tours.


Il y a ces moments de lucidité heureuse, dans un bus parcourant les calles Gascon et Araoz. Une iglesia nueva apostolica, un squat aux yeux exorbités qui me regardent et cette petite maison scandinave en bois noir dont l'alcove me fait envie, un peu de Suede dans mon quotidien. Et puis le retour a la maison, retrouver ces collocs devenus les meilleurs amis de chaque repas, folie et voyage, détester au plus haut point ce moment de glande entre 20h et 22h, un non-moment. Que faire ? Il fait trop nuit pour se promener seule et déjà les multiples projets du soir me fatiguent. De toute manière on est malasuerte, se retrouver abandonnés dans un des plus jolis bars de la ville où mixe un dj de dub, moi je trouve pas ça normal. Ils sont où les gens ?

Mais rions trois fois par saccades de deux.


En parlant de ça je cultive mon amitié avec les vieux, entendez par là les rencontres les plus intéressantes. Après le papi a odeur du Theron dans le parc del Palmar c'est Mario qui m'invite a faire de la radio. En plus on pourra faire croire a Naima que ça faisait partie de mon stage. J'embarque mes copines et on se retrouve la vie en rouge dans un studio de radio, du vin de Carcassonne (tu parles charles) et mes interventions au micro. T'as cru que les argentins étaient un peuple amoureux ? Infidèles oui !


Et on repart des billets de théâtre sous le bras. Du tango plutôt, car on s'en lasse jamais en fait et que Buenos Aires nous mentait pas non plus. Buenos Aires me fait aimer les cuivres t'y crois toi ? Et puis un soir on file de la laine dans un bus pour La Plata. Parce que le voisin Raul, notre Olivier Sublard du coin, a encore voulu cuisiner on s'est retrouvé a courir en petite robe sur la vide nocturne plaza de Mayo. Tu crois que j'ai deja aimé courir comme ça dans ma vie ? Mais c'était sans compter l'usage des horaires en Argentine. Alors on attend en mettant des cacahuetes dans nos cervezas, c'est comme ça qu'on fait ici. Et puis 1h de route avec vin gratuit pour danser sur de la musique balkanique, Fiesta Bubamara, c'est plutôt fou. Et si le tango n'est pas trop mal ici, ils ont pas tout compris a Taraf de Haidouk. Mais on leur en veut pas finalement, imagine si l'inverse se produisait ? Moi ça me fait peur. Un peu comme le retour a 8h pour Buenos Aires. En fait je m'en souviens plus, juste le levé du soleil et le froid du noir sous nos yeux, s'endormir dans le subte et se coucher a 10h. C'est ça Buenos Aires et on va pas s'en plaindre.


Pamela et Fanny et le fantôme


Mon usage de Buenos Aires c'est surtout le firulete. Et le Firulete c'est une maison hantée, des fantômes que l'on prend en photo, même si je sais que tous les sceptiques peureux ne vont pas me croire, c'est des touristes qui téléphonent pour avoir une chambre et la sonnette qui timbre a 2h du matin. On en oublie la prudence, alors on change les clés, les matelas aussi. Le quotidien au Firulete c'est le haiki de Pamela, les gateaux de Fanny, cramés ou verts, c'est le rire de sitcom de Sonja et la gueule de bois de Francis. C'est des chaussures qui disparaissent et Impératrice la femme de ménage qui devient notre copine, c'est tous les soirs un repas de Raul et entendre de loin les expérimentations électroniques de Robin. C'est les longues discutions en fin de repas et le choc des cultures. Tu savais toi que les anglais ne connaissaient pas la gamme musicale ? C'est apprendre le mexicain plus que la cuisine parce que de toute manière c'est toujours Raul qui cuisine. ¿Te la bañaste? C'est obscène ? Non c'est le Mexique ! C'est se retrouver tous dans notre chambre parce que ya des matelas partout et que tous nous la jalousent, ils ont pas compris qu'elle avait pas de fenêtre tsé. C'est se battre pour avoir la dernière feuille de PQ et ne pas aller se doucher dans la salle de bain sans lumière. C'est mourir de froid dans le couloir car c'est encore l'hiver au cas ou j'aurais oublié de vous le préciser. C'est profiter du salon francais sans trop savoir quoi y faire. C'est instaurer des jours a thèmes et puis les oublier. C'est inventer un nouveau langage, la semaine Multidíal et le frañol. C'est avoir une colloc de 35 ans qui en parait 22. C'est avoir peut être la seule américaine qui n'a pas les mêmes gênes que toutes les poufs que l'on croise à l'UCA. Mais surtout rions trois fois par saccades de deux. C'est Nancy aussi qui a des coiffures de botch.

Firulete style


Raul cuisinier de la maison

Je vous ai parlé de mes cheveux ?
On va faire court, comme un seul de mes deux cotés.
Voila tout est dit.
La tragédienne que je suis s'en est remise mais depuis ya des gens bizarres qui veulent me prendre en photo.




Et puis on écoute de loin les histoires horribles arrivant à nos compagnons d'infortune (pourtant pas mal fortunés. Et je ne parlais pas d'Alice), rackets et autres vol à main armé en pleine journée. Ouai ouai on s'en rend pas bien compte quand la seule histoire un peu méchante qui t'arrive c'est de t'engueuler avec le chauffeur de bus car tu viens de bloquer le distributeur de ticket. Aussi ils ont qu'à avoir des billets normaux comme tout le monde. Buenos Aires c'est ça aussi, devoir acheter une brosse à dent dans un bouiboui aux lumières ultrajetlag pour avoir un peu de monnaie pour ton bus.

Rions trois fois si et seulement si par saccades de deux.



Qu'on se le dise, je ne fais pas de radio ! Je travaille dans une association de radios, c'est pas pareil. Oui il y a le mot radio dans les deux mais j'aurais pu dire que j'étais radiologue aussi que vous auriez cru que je parlais dans un micro ?


Breloques du marché de San Telmo

Enfin pour vous embrouiller un peu plus, j'ai rendez-vous dans une radio pour voir ce que je peux faire avec eux, participer à une émission qui sait quizas quissac jean de. Enfin encore faudrait-il que j'arrive à cette charmante bourgade de banlieue nommée Castelar et pour ça il faut que les jeunes arrêtent de brûler le train qui m'y amène...mais oui ça brûle partout mes amis ! Le soleil à Iguazu par exemple.



lundi 11 août 2008

Hiverine dans de jolies verrines

C'est que c'est l'hiver en Argentine.
"Tu verras il faut un mois pour l'accepter et après tu sortiras plus inconsciemment sans ton manteau" qu'elle m'avait prévenue.


Pour ma part je vis ma petite maladie hivernale comme il se doit. Les Ibuprofènes s'attelant plus à me défoncer la tête qu'à me guérir, on me conduisit aux urgences. Pamela je veux dire, en colectivo 60. Les médecins ici ils connaissent pas apparemment. Alors ma première fois à l'hopital se fera à Buenos Aires, t'inquiète mobylette je m'en souviendrais.
Et on se rend compte qu'en effet nous ne sommes plus en Primer Mundo. M'enfin pour un pays "tiers-monde" les urgences sont gratuites et sans une tonne de papiers à remplir.



Bon je n'en dis pas plus, je vais manger ma péniciline simulacre de toi.
Il faut que je me repose, jeudi soir on file de voyage. Nuage. Tête dans les étoiles me manque des fois. M'enfin c'est pas grave c'est pas comme si j'avais perdu toutes mes photos lors du suicide de mon portable ahah. Si quelqu'un veut profiter des supers promos françaises sur les ordinateurs pour me permettre de vivre pas trop coupée du monde je suis preneuse :)



Moi et mes chaussures timides on s'attèle à sauver le monde (Sophie Marotte je parle pour toi) tous les jours entre 15h et 19h, au Sarmiento 3646. Pour cela je prend le colectivo 36. Et dieu seul sait que si point trop n'en faut, le chiffre 6, on l'adore. Mais bon point trop n'en faut, trois 6 pour mon travail suffisent largement à me rendre heureuse chaque jour.

Robin, Fanny, le bonnet russe et Zizek

Tiens je suis allée là aussi.