mardi 29 juillet 2008

Buenos Aires te met cher - Te lo digo con el corazon





Fanny est une grande fille.
Elle était pas assez triste de vieillir alors j'ai chanté "On n'a pas tous les jours 20 ans" comme l'écrira Manotte dans la carte qui partira pour Londres en février prochain (je vous connais par coeur ^^).
Quand même il y en avait du monde pour son anniversaire. 80 ? 100 ? personnes hein. C'est pas elle qui pourra vous le dire, ni Martin, ni même Francis. Quoiqu'il en soit on a dansé, même qu'il y avait un dj londonien ouai ouai. Pour son anniversaire Fanny m'a fait toaster des triples, à défaut de trouver un Superpancho, elle est gentille. Pour son anniversaire Fanny a fait une bataille de polochons avec ses nouveaux copains (pas les américains, plutot ceux avec des ponchos et du maté plein les doigts). Pour son anniversaire Fanny a voulu voir le soleil se lever, malheureusement l'hiver a plu sur notre terrasse. Tout le monde nous l'envie d'ailleurs cette terrasse, cet appartement, ces collocs...ça me rappelle La tête dans les étoiles tiens ! héhé. Jaloux va !



Et Fanny 20 ans + 2 jours est allée au zoo. On savait bien que les animaux seraient tristes, maigres et amorphes mais quand même, un zoo avec des attractions plus folles les unes que les autres, ça ne se refusait pas ce jour là ! Regardez moi ces ragondins comme ils sont ragoutants ! Moins peureux qu'au lac de Lourdes ça pour sur. Et les immeubles derrière les pigeons pour rappeler tout de même la position centrale de ce zoo. Par contre si l'un de ces botch de serpents d'amérique latine décide de s'enfuir du reptilarium lui aussi préférera manger Laura et Fanny qu'une milanaise. (excusez moi je suis encore traumatisée). Saviez-vous avant de me laisser partir qu'il y avait autant de serpents auxquels on aime bien rajouter le qualificatif "constrictor" par ici ? Je vous remercie, maintenant j'ai peur.



Comme d'habitude les lundis sont synonymes de maux de tête et de soirée entre collocs. Car on en avait marre de se faire engueuler par Kora on la suivit à la Bomba de Tiempo dans un hangar culturel. Culture. Ruelle. Elle. Sans lui. Sans ? Elle. Rien.
Miaou
Des percussions, un chef d'orchestre, une trompette et une chanteuse avec sa guitare. Des uluberlus pieds nus, et on danse, on ne se regarde plus, on ne fait que danser, sauter et danser, rentrer en transe, presque. Merci Kora. Aurevoir Kora, à bientot, à Berlin. Je déteste les adieux, même avec des gens qui me sont quasiment inconnus. On se promet des choses, qui n'arriveront surement jamais, on l'inscrit dans nos amis facebook et on se souviendra de "Chicaaas ! La Bomba de Tiempo !!".


Heureusement il me reste ma petite mexicaine de colloc, et un nouveau, Robin l'anglais. Elle nous amène dans un restaurant péruvien bien qu'on s'était promis trois choses :
1/ ne plus manger autant au restaurant
2/ ne plus suivre Pamela dans ses plans restau
3/ il n'y a jamais de 3 dans une dissert de science po
Avec nous Adrian, porteno comme on se les imagine, comme le Lonely Planet nous les décrivait. Sympathique au final. On rigole bien dans ce restaurant rempli de familles péruviennes. Le pollo n'est pas cher non plus, alors chacun pique dans l'assiette de l'autre. C'est bon enfant, c'est chaleureux, c'est du bon temps entre autochtones et étrangers, échanges linguistiques, culturels, politiques et questions fondamentales.
Mais d'ailleurs pourquoi les mexicains mangent-ils épicés ?


Je suis pas peu fière de mon espagnol, après autant d'années d'échec scolaire. J'arrive même à me débrouiller sur la réforme constitutionnelle. Fière de ma répartie envers cet argentin. Je suis fière d'être française, malgré tout. Juste pour cet air hautain et précieux que prennent les étrangers pour prononcer un mot français, comme si le français était toujours la langue de la poésie, de l'amour et du luxe.


Promis Sophie je ne suis pas ici pour le shopping mais quand même ces petits sacs en cuir me font de l'oeil. Par contre on se demande pourquoi le dimanche on ne vient pas en chercher sur les petits marchés. C'est parce que le dimanche on préfère se perdre en bus pour aller à une autre féria à l'autre bout de la ville, c'est le "jour des amis" quand même alors on se calle, pépouze, on se croirait presque au Mexique.



Et ton stage Laura ? Et bien les filles sont jeunes et elles sont gentilles avec moi, promis maman. Tout ce que je sais c'est que je ne commence réellement que lundi, pour me laisser mon week end tout de même ^^. J'ai des tas de trucs à lire qui en plus ont l'air intéressants, promis maman demain je le fais, entre mon incruste au cours de tango de la fac et ma recherche de bottes à coeurs.

Sinon ça risque d'être tendu de se faire poser des extensions. "Tienes un carré ? A veces no es posible..." et on a de nouveau envie de mixer les gens, les voix, les nôtres, les tiennes et que ça envoie du lourd !


Ah oui, on a visité le Tigre aussi. Comme mon blog n'est pas un guide touristique, je vous laisse chercher pour en savoir plus sur ce qu'est El Tigre. Quoiqu'il en soit sachez qu'un de mes nouveaux buts dans la vie est d'y avoir une maison, même un mois, un jour dans ma vie. Sinon on se trouve des amis riches qui en ont une et l'été on vient faire des full moon parties.

Des projets oui oui.
Jeudi soir on part. Le soleil tire la gueule à Iguazu alors peut être Cordoba. Va savoir Charles.



Avec mes petits copains on fait du coloriage, on nous sert du champagne et on mange dans des restaurants tellement lounge qu'on s'y endormirait presque. La vie est folle, trop peut-être. Déjà je culpabilise, par pour vous, ni pour la caisse d'épargne, mais pour les enfants qui sniffent de la colle la nuit à défaut d'avoir autre chose à faire, à manger ou à dormir.


Dites bonjour à la novia de mon chat argentin.



dimanche 20 juillet 2008

Milanesa o triples ?

Un triple pour moi s'il vous plait !
Ouai ouai un triple c'est biscuit + dulce de leche + biscuit + dulche de leche + biscuit. Ah non en fait. Je sais pas trop. Mais surtout faut pas oublier LA regla del triple : après tu bois du café. Galère pas trop si tu fais ton café sans cafetière, oublie pas de mettre un verre sous la machine à filtre, filtre n°2 hein sinon tu galères vraiment. Et donnez-moi un verre, un vrai ! Je veux bien commencer une collection de verres en plastique mais ici ils m'ont tous dépassée tsé

La deuxième règle du triple c'est de le tremper dans son café, cité plus haut, aux alentours de 19h. Ouai ouai va pas au burger king surtout, succombe à la tentation du vrai repas, sinon que feras-tu jusqu'à 1h, heure légale pour commencer ta soirée ? Tu vas trainer, tu vas t'endormir, tu comprendras pas vraiment où sont passés tous les autres, tes dits collocs.
Ah ! 22h, tout le monde rentre. Ca se prépare.
Que vas a hacer por la noche ? Tu as le choix entre un anniversaire mexicain (pinata ??), un concert de percussions voire de tango si tu es chanceux, une sortie en boliche, une soirée d'étudiants étrangers ou une fête sur le toit... Essayons de tout faire ! Ou allons nous coucher. C'est dur ce rythme je vous promet ! Surtout si le lendemain il te le prend l'envie de partir à l'autre bout de la ville pour visiter ce magnifique quartier qu'est La Boca. Et oui tu l'as tellement vu dans les reportages sur Echappée belle et sur les dvd loués à la médiathèque, tu as tellement lu de choses à son sujet dans ton Routard qu'il faut bien y aller ! Alors déjà n'oublie pas de ne pas t'éloigner de ces quatre rues spécialement dédiées aux touristes, les autres sont DANGEREUSES !
- Tu crois qu'il m'arrive quoi si j'y vais ?
- Ben je crois qu'on va te prendre dans un coin sombre et te demander des sous.
- Et si j'avais prévu et que j'ai rien, au pire 50 pesos ?
- Ben je sais pas.
- Dis, ça me tente, c'est grave ?

- T'es folle Laura.


Bon sinon ne te préoccupe pas de déshumaniser intégralement ce quartier, berceau de Buenos Aires. Oui tu y verras du tango mais tu devras payer pour prendre en photo ces jambes dénudées virevolter malgré le froid. Le "centro cultural" t'apprendra mieux qu'ailleurs ici les méfaits de l'uniformisation culturelle et du marchandising mondial. Limite j'avais honte d'être là, avec tous ces touristes, marcher dans ces ruelles si belles, si colorées, qui ne sont pas les miennes et qui tendent à devenir les nôtres, qui n'appartiennent déjà plus aux portenos pourtant les plus démunis habitant ici.
Mais déjà que, par culpabilité de riche européenne, je n'irai pas au Machu Picchu pour Noël, je me suis laissée abandonner à la prise de photo. Buenos Aires excuse-moi !





Carlos Gardel. Ou presque.

Le non-lieu, derrière la voie ferrée, Boca interdite.

Heureusement qu'elle avait mis un pull bleu.


Le vrai chat et le faux chien. (j'adore les titres)




Quoiqu'il en soit n'aie pas peur de te priver de milanesa. Surtout si c'est une petite mexicaine qui t'amène manger et qui aimerait se croire sur Las Ramblas de Barcelone. Brimade : deux semaines pour moi, quatre pour Fanny. Mais va tant que tu veux chez ton copain le primeur acheter des fraises et de la salade iceberg (note pour Clément : 40 centimes ici), en bas de ton appart/immeuble, car oui tout l'immeuble est à toi. Ici n'oublie pas de faire tout ce qui te donne envie ! "No te preoccupes gastar sinon disfrutar" a dit le chauffeur de taxi à ton arrivée. Et ce n'est pas Cristian, le novio argentin qui dira le contraire. Une autre culture somme toute. Si Fanny reprend du gateau au chocolat, pourquoi cela serait un problème ? Si tu veux dormir, personne ne t'en empêche Laura ! Ah si, Fanny qui a perdu ses clés... :-) Et bien c'est comme tout, comme partout, des clichés, des préjugés, qui trouvent matière à s'entretenir. Les argentins sont dragueurs, bruns, sensuels et jaloux. Les américaines ressemblent aux teens-movies, collectionnent les amis sur facebook et ne savent pas ce que c'est de boire une margarita avant leur 21 ans. Les berlinois sont so alternative. Les mexicains ne sont pas réputés pour leur beauté mais fêtent souvent leur anniversaire. Les français sont arrogants et passent pour des rabats joie...enfin bref.

Et sinon comment va mon espagnol ? De mieux en mieux, merci.
Comment va la météo ? Soleil. Met ton manteau quand même.
Comment va ta vie virtuelle ? Si on mettait autant de coeur à l'ouvrage et d'assiduité pour travailler on serait peut être sur le tableau d'honneur.

Et si les soirées entre étudiants étrangers au Silverpub ne te semblent pas assez hype tu peux toujours participer à une feria. Les grands mères t'accueillent. Des smileys en chocolats en guise de pilules d'acide*. Et pour cette hiver 2008 veuillez acclamer le retour du tricot et de la broderie dans les soirées portenas s'il vous plait.





Et puis n'oublions pas que Buenos Aires nous ment, qu'elle a transformé ma Fanny qui peut entrer dans une boucherie à jeun et qui redemande de la viande et du coca (zéro tout de même). Ah aussi, on va aller pédaler dans un gimnasio, kitsch à souhait, avec un vieu coatch ressemblant plus à David Hasselhoff en fin de carrière qu'à Gérard dans les Filles d'à côté.

Nouvel objectif (oui car la vie ici c'est un peu les sims) : être amies avec Deniz/Pascal je sais pas trop, le suisse allemand. Ouai ouai il a une tête à roadtrip ce che !

*non maman je t'assure que je n'ai jamais pris d'acide.

mardi 15 juillet 2008

Premiers miaulements

On en avait rêvé, on en parlait beaucoup, on s'imaginait tout un tas de trucs. Je peux vous dire que réaliser que je vis enfin à Buenos Aires m'ait encore impossible. Pourtant n'ais-je pas dis à Fanny ce midi que j'avais l'impression d'y vivre depuis des jours déjà ? Fouillis dans mon esprit je crois.

D'abord il a fallu fermer le robinet lacrymal en prenant le taxi, jaune et noir selon les recommandations reçues. Non pas que je sois de nature très méfiante mais la gentillesse et l'aisance du taxidriver me paraissaient louches, pour rien au final. Alors que je me réjouissais de comprendre tout son discours vantant les mérites de son pays et de sa ville, j'écrivais dans ma tête tout un joli laïus sur l'uniformité mondiale des périphériques. Il m'amenait mine de rien (mine de crayon) à ma nouvelle adresse, j'ai nommé le Guemes, 4499 alias El Firulete, ancien hotel réapproprié en collocation multiculturelle. Et comme dans un film, revenait des courses la Fanny ! Un peu comme si on se retrouvait "par hasard" dans Buenos Aires, bon d'accord le hasard en moins. Puis vient l'appartement, sur trois étages. C'est vieux, c'est moquette verte au sol, c'est frigo en plein milieu du couloir, c'est grande cuisine/boite de nuit, c'est immense terrasse avec transat et pipe à pomme, c'est salle de bain qui ferme pas, c'est des gens, partout, c'est ne tendre qu'une joue pour faire la bise, c'est devoir parler espagnol à Fanny, retenir le nom des colloc', les distinguer de "nos amis" invités à dîner, c'est reggaeton à la radio et grande table dressée pour le départ d'une d'entre "nous".



Dur quand même dur de réaliser, que ce n'est pas qu'un voyage et qu'on ne rentre que dans 6 mois. Mais je suis contente hein, promis ! Et l'avantage d'y vivre c'est de ne pas être pressée par le temps, pouvoir flâner pour de vrai dans mes rues nouvelles. Ca ressemble beaucoup à Madrid, ou Barcelone, les deux seules villes latines que je connais finalement. Ma première promenade m'amena dans mon quartier, Palermo Viejo. Des tonnes de magasins, je demande si je peux prendre en photo, si on me refuse j'explique que je suis française et que je fais des reportages sur la mode...et ça marche. La mode est donc très espagnole, version "tout est moins cher" quand même. Des tas de trucs trop mignons, je regrette presque d'avoir amené autant de vêtements, ça m'aurait donné prétexte à acheter ^^. Les friperies sont plus "argentines", ou l'image qu'on se fait de leur culture. On trouve des robes de tango, droites, noires perlées de strass, des tops à fanfreluches rouges et des talons qui ont déjà dansé, trop peut être. Sinon l'hiver est plutot cool ici du genre jsuis en tong jupe et tshirt, ça va quoi ! Par contre à les voir en bottes, collants et autres manteaux en laines j'ai peur des températures estivales, un peu.






Là j'attend Fanny, j'ai encore découvert une nouvelle colloc, allemande cette fois et puis je me tâte à défaire mes valises ou à squatter les transats au soleil mouahah.


A plus cartapuce,

ps. pour les allergiques, mon chat est hypoallergénique LOL